La situation des populations migrantes d’Europe de l’Est, notamment roms, présentes dans plusieurs campements de la métropole nantaise ne peut plus être traitée uniquement dans l’urgence, au gré des évacuations, des incendies ou des situations d’insalubrité.
Ces conditions de vie exposent directement leurs occupants, mais également les riverains, à des risques croissants d’incendie, d’accident et d’insalubrité. Il y a urgence à agir, mais surtout à agir autrement.
Construire une réponse collective à l’échelle du territoire
La volonté aujourd’hui exprimée par le préfet doit être saisie comme une opportunité pour construire une réponse nouvelle. Nous proposons l’organisation d’une conférence métropolitaine de résorption des campements et d’intégration, associant l’ensemble des acteurs concernés et ayant vocation à déboucher sur une stratégie départementale et régionale.
Autour de la table doivent être réunis l’État, Nantes Métropole, les communes concernées, les services sociaux, l’Éducation nationale, les associations, mais aussi les acteurs économiques et la Chambre d’agriculture.
Placer le travail au cœur du parcours d’intégration
Car nous faisons le choix de placer le travail au cœur du parcours d’intégration.
Dans notre département, notamment dans le secteur du maraîchage, des personnes issues des populations roms constituent déjà une main-d’œuvre importante pour certaines exploitations. Cette réalité doit être prise en compte et devenir un levier.
La Chambre d’agriculture, les maraîchers et, plus largement, les employeurs doivent donc être pleinement associés à la construction des solutions.
L’emploi peut être le point de départ d’un cercle vertueux : travail, autonomie, logement, scolarisation des enfants et intégration.
Une solidarité territoriale à construire au-delà de Nantes Métropole
Mais nous devons également tirer les conséquences de l’ampleur prise par la situation. La métropole nantaise ne peut plus concentrer seule une part aussi importante des campements et des dispositifs de résorption.
La pression exercée sur certaines communes, certains quartiers, les services publics et les riverains est devenue trop importante pour que la réponse repose sur le seul territoire métropolitain.
C’est pourquoi nous demandons que soit désormais étudiée, avec l’État et les collectivités, une répartition des dispositifs et des sites de résorption à l’échelle de la Loire-Atlantique et, lorsque cela est nécessaire, à l’échelle régionale.
La solidarité territoriale doit pleinement jouer : l’accueil, l’accompagnement et l’intégration ne peuvent reposer durablement sur quelques communes de la métropole nantaise.
Cette dimension régionale doit permettre d’anticiper plutôt que de subir, de mieux répartir les capacités d’accueil et d’accompagnement et de rapprocher, lorsque cela est possible, les parcours d’insertion des bassins d’emploi qui recrutent, notamment dans l’agriculture, le maraîchage, le bâtiment ou d’autres secteurs en tension.
Une stratégie à 360° : résorber, insérer, intégrer
Il ne s’agit donc plus de traiter séparément un campement, puis un autre, ou d’intervenir uniquement lorsqu’une situation devient critique.
Il faut construire une stratégie à 360°, avec des parcours individualisés et une coordination permanente entre les acteurs publics, économiques, éducatifs et sociaux, de la métropole jusqu’à l’échelle régionale.
Notre ambition doit tenir en trois mots : résorber, insérer, intégrer.
Résorber, progressivement, les campements dangereux et insalubres, avec une répartition territoriale plus équilibrée des dispositifs de résorption.
Insérer, par le travail, en accompagnant les personnes vers l’autonomie et le logement et en mobilisant les entreprises et les secteurs qui recrutent.
Intégrer, durablement, par la scolarisation des enfants, l’apprentissage du français et l’accompagnement social.
Passer de la gestion de crise à une politique durable d’intégration
Passons d’une logique de concentration et de gestion de crise à une véritable politique territoriale d’intégration.
La mobilisation du préfet peut être le point de départ d’un nouvel élan collectif. Nantes Métropole doit prendre toute sa part, mais elle ne peut pas tout porter seule.
Le Département, la Région, l’État et les autres territoires doivent également être associés à cette responsabilité collective.
Faisons de cette situation non plus une succession de crises à gérer, mais une chance de construire, ensemble, une solution humaine, exigeante, équilibrée territorialement et durable.