Vélos en libre-service : Nantes Métropole fait le choix du « Made in China » plutôt que de la réindustrialisation locale

Nantes, le 17 juillet 2026

La semaine dernière, Nantes Métropole a annoncé attribuer à un opérateur le futur service de vélos en libre-service, appelé à remplacer en janvier prochain le réseau Bicloo et ses stations fixes, tel que les Nantais le connaissent aujourd'hui.

Avec l’abandon de Bicloo, ce nouveau dispositif constitue un changement majeur dans la politique des mobilités de notre Métropole et représente un marché public stratégique, tant par son montant que par ses conséquences environnementales, industrielles et économiques.

À l'issue de l'appel à manifestation d'intérêt, Nantes Métropole a retenu une entreprise dont les vélos et les sous-ensembles sont produits et assemblés en Chine, écartant une offre concurrente qui reposait largement sur une production française et européenne, avec un assemblage réalisé en Loire-Atlantique.

Pour le groupe Un Nouveau Souffle pour Nantes, cette décision est une erreur politique, économique et environnementale.

Une décision maintenue malgré les alertes

Alors que nous avions officiellement interpellé les élus métropolitains afin qu'ils réexaminent cette décision, Nantes Métropole a choisi de maintenir son choix.

Aucune réponse satisfaisante n'a été apportée aux incohérences soulevées. Les nombreux acteurs locaux de la filière du vélo qui se sont mobilisés pour dénoncer cette décision n'ont pas davantage été entendus.

Pourtant, les faits interrogent.

À l’issue de l’appel à manifestation d’intérêt, l’écart entre les deux offres était infime : 438,5 points contre 435 points, soit seulement 3,5 points sur un total de 500.

L'entreprise non retenue a obtenu une note légèrement plus favorable sur le critère de responsabilité sociétale et environnementale (RSE).

Ceci est étonnant quand on sait que l'entreprise retenue produit l'intégralité de ses vélos et de leurs sous-ensembles en Chine, avec une électricité extrêmement carbonée. Leur activité en France se limite à un déballage de cartons avec pose du guidon et des pédales.

Une alternative fondée sur la production française et européenne

À l'inverse, l'entreprise non retenue s'était engagée dans une véritable démarche de réindustrialisation européenne :

  • Loire-Atlantique : assemblage complet des vélos et production de l'électronique ;

  • France : fabrication des batteries, des jantes et des rayons ;

  • Espagne : production de la selle passager ;

  • Italie : fabrication de la béquille ;

  • Portugal : production des pièces plastiques.

Les conséquences pour notre territoire sont considérables : 4 000 vélos ne seront pas assemblés en Loire-Atlantique, représentant près de 8 millions d'euros d'activité qui échappent à une usine bien connue du territoire.

Une décision qui interroge les engagements de Nantes Métropole

Cette décision est en contradiction avec les engagements affichés de Nantes Métropole en faveur de la transition écologique, des circuits courts, de la souveraineté industrielle et de la réindustrialisation.

La commande publique est un levier stratégique pour la transition écologique et la souveraineté économique.

Pourquoi les critères de production locale, d'impact environnemental réel et de retombées économiques pour notre territoire n'ont-ils pas davantage été valorisés ?

Notre demande : transparence et responsabilité

Le groupe Un Nouveau Souffle pour Nantes Métropole demande que toute la transparence soit faite sur les motivations de ce choix, la méthode de calcul et la pondération appliquées et appelle tous les élus à tirer les enseignements de cette affaire afin de voter résolument contre ce choix en Conseil métropolitain le 2 octobre prochain.

Ce vote devra être transpartisan et servira à rappeler qu’on peut respecter les règles de la commande publique tout en protégeant la planète et en soutenant la production française et européenne.

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