Consommations à ciel ouvert, seringues abandonnées sur la voie publique, incivilités, violences et trafics : à Nantes, les conséquences de la consommation de drogues dans l'espace public sont devenues une préoccupation majeure pour les habitants. Face à cette réalité, le groupe Un Nouveau Souffle pour Nantes appelle à une réponse globale, associant prévention, soins, accompagnement et sécurité.
Une réalité quotidienne devenue insupportable pour les riverains
À Nantes, les conséquences de la consommation de drogues sont visibles dans plusieurs secteurs de la ville. Rue du Puy-d'Argent, les consommations à ciel ouvert illustrent notamment les difficultés auxquelles sont confrontés les riverains.
Seringues abandonnées au sol, comportements agressifs, incivilités, sentiment d'insécurité : ces situations dégradent le cadre de vie des habitants et posent de véritables questions de santé et de sécurité publiques.
Derrière ces scènes, il y a aussi des personnes confrontées à des addictions graves, qui nécessitent une prise en charge médicale et sociale adaptée.
La réponse ne peut donc être ni uniquement sécuritaire, ni exclusivement sanitaire. Elle doit agir sur l'ensemble des causes et des conséquences de ces situations.
Halte soins addictions : un outil utile, mais insuffisant
À l'occasion du Conseil municipal, les élus du groupe Un Nouveau Souffle pour Nantes ont annoncé leur soutien au vœu relatif à la création d'une halte soins addictions.
Les évaluations disponibles montrent que ces dispositifs peuvent contribuer à réduire les consommations et les déchets liés à l'usage de drogues dans l'espace public, tout en facilitant l'accès aux soins des personnes concernées.
Mais leurs limites doivent également être reconnues : une halte soins addictions ne permet pas, à elle seule, de résoudre les problèmes de dépendance, de comportements violents ou de trafics.
« Une halte soins addictions peut être une brique supplémentaire. Mais où est le reste de l'édifice ? »
C'est la question posée à la majorité municipale.
Prévention, soins, sécurité : où est la stratégie globale de la Ville ?
Depuis plusieurs années, nos élus alertent sur la nécessité de construire une véritable politique municipale de prévention des addictions.
Plusieurs questions restent aujourd'hui posées :
La prévention : quelles campagnes d'information sont mises en place auprès des jeunes pour les sensibiliser aux dangers du crack, du protoxyde d'azote et des nouvelles pratiques de consommation ?
L'accès aux soins : comment améliorer la prise en charge médicale, notamment psychiatrique, et accompagner durablement les personnes dépendantes ?
La tranquillité publique : comment mieux articuler les dispositifs sanitaires avec l'action de la police municipale et la lutte contre les trafics ?
L'accompagnement : quels parcours sont proposés aux usagers pour les aider à sortir durablement de l'addiction ?
Si l'État a un rôle essentiel à jouer, la Ville de Nantes ne peut se décharger de sa propre responsabilité dans l'apaisement de l'espace public.
Une implantation qui doit tenir compte des soins et des riverains
Si une halte soins addictions devait voir le jour à Nantes, son implantation devrait faire l'objet d'une attention particulière.
Pour notre groupe, la proximité avec un hôpital et les structures de soins, ainsi que la coordination entre les différents acteurs médicaux et sociaux, doivent constituer des critères essentiels.
Le rapport conjoint de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l'Inspection générale de l'administration (IGA) souligne notamment l'importance de l'articulation avec les structures de soins et d'une implantation adaptée aux lieux de consommation.
Il ne serait pas acceptable de déplacer les difficultés d'un secteur à un autre, au détriment des habitants d'un quartier résidentiel.
Aux usagers, le soin. Aux trafiquants, la sanction.
Notre position est claire : les personnes souffrant d'addictions doivent pouvoir bénéficier de soins, d'un accompagnement et d'un véritable parcours vers la sortie de la dépendance.
Mais cette exigence sanitaire ne doit jamais conduire à banaliser les trafics ou les violences qui accompagnent certaines situations.
Il est indispensable de distinguer les personnes dépendantes des réseaux qui organisent et alimentent le trafic de stupéfiants.
Aux premiers, le soin et l'accompagnement. Aux seconds, la fermeté de la police et la sanction de la justice.
Un vote favorable, mais pas un blanc-seing
En soutenant ce vœu, les élus d'Un Nouveau Souffle pour Nantes font le choix d'étudier et de soutenir les solutions susceptibles d'améliorer la situation.
Mais ce vote ne constitue pas un blanc-seing donné à la majorité municipale.
Une halte soins addictions ne peut devenir l'alpha et l'oméga de la politique nantaise contre les drogues.
Les habitants attendent des résultats concrets : moins de consommations dans l'espace public, moins de seringues abandonnées, moins de violences et de trafics, mais aussi davantage de prévention et de solutions pour les personnes dépendantes.
Une halte soins addictions n'est qu'une brique. À la municipalité de construire le reste de l'édifice : prévention, soins, accompagnement et sécurité.
Les élus du groupe Un Nouveau Souffle pour Nantes
Conseil municipal de Nantes