Être aidant, c’est accompagner un parent vieillissant, un conjoint malade, mais aussi un enfant en situation de handicap. Derrière ce mot, des milliers de Nantais organisent leur quotidien autour d’un proche : soins, école, rendez-vous, démarches, déplacements. C’est donner son temps et son énergie, parfois au détriment de sa vie professionnelle, familiale ou personnelle.
Des dispositifs existent à Nantes, notamment pour informer, orienter ou offrir du répit. Ils sont utiles. Mais toutes les situations d’aidance ne se ressemblent pas et il faut aujourd’hui aller plus loin pour faciliter concrètement le quotidien.
Nous proposons à la Ville de créer une carte municipale de l’aidant, reconnaissant cette situation et donnant accès à des facilités concrètes : stationnement à proximité du domicile de la personne accompagnée, accueil prioritaire dans certains services municipaux ou accès facilité aux équipements sportifs et culturels. Pour un parent qui enchaîne école, soins et rendez-vous, quelques minutes gagnées comptent.
Les solutions de répit doivent aussi être renforcées, notamment pour les parents d’enfants en situation de handicap. Sur la cantine et le périscolaire, trop d’enfants accompagnés en classe le matin se retrouvent seuls à midi, faute d’accompagnant sur le temps méridien. Nantes doit garantir une continuité de l’accompagnement, du matin au soir.
Il faut aussi simplifier l’information : trop d’aidants consacrent encore une énergie considérable à chercher le bon interlocuteur ou à répéter leur situation.
La Ville ne peut évidemment pas tout. Le Département, chef de file des solidarités et acteur central du handicap et de l’autonomie, doit pleinement assumer ses responsabilités. Le transport scolaire en est un exemple : le changement de prestataire désorganise le quotidien de familles déjà fragilisées, avec un dispositif qui ne fonctionne pas à la hauteur des besoins. Il faut corriger le tir sans attendre. Les compétences des uns ne doivent pas devenir l’excuse de l’inaction des autres.
Enfin, Nantes doit mieux repérer les aidants isolés et les jeunes aidants, notamment les frères et sœurs qui portent parfois silencieusement une part de la charge familiale.
Notre rôle d’opposition est aussi de proposer des solutions concrètes pour améliorer le quotidien.
À ceux qui donnent tant de leur temps aux autres, Nantes doit faire gagner du temps.